Ma première fois.

Maman est partie la première. Elle m'a dit de rester sagement contre cette arbre, et d'attendre que cet homme qu'elle aime vienne me chercher. J'ai désobéï.
"Surtout tu ne bouges pas, et tu ne parles à personne!" J'ai tout compris. Mes yeux la suivent, elle passe devant le parkmètre, ses talons frappent les pavés en cadence, la rue en croise une autre, elle la prend. Derrière ce mur, Maman est désormais invisible pour moi. Je dois attendre, qu'elle a dit. Le problème est qu'il fait froid, et que la nuit j'ai peur, tout seul. Le ciel va me tomber sur la tête. Autour de moi, rien que des voitures. Il faut que je parte d'ici. Miaou, je le suis. Il est noir, avec une tâche blanche dans le coup. Il me regarde, me fais signe, je dois absoluement partir avec lui. Je commence à tomber fou amoureux de ses yeux jaunes. Il se faufile entre le bord du quai et les poteaux qui longent le trottoir. Je le suis. Lui non plus n'aime pas l'eau; nous sommes faits pour nous entendre. Il s'arrête, me fait face. Il me montre l'homme, là bas, de l'autre côté, qui marche, pieds nus. Ce que j'appèle une fille simple? Lui. Seulement vêtu d'une petite robe légère. Il n'a pas l'air de se préoccuper de grand chose. Les yeux en l'air, il erre, comme le vagabond que je serai. Oui, il faut que je vous dise, quand je serai grand, je serai poubellier. Mais surtout, strice interdiction de monter dans mon camion si je ne vous connais pas. Miaou, il veut que je parle à l'homme. Je le sens dans son regard. "Pauline!" Mon cri déchire l'air. L'homme s'arête, me regarde. Puis il se précipite vers le pont pour me rejoindre. Trop tard, j'ai été plus rapide. Je ne suis plus moi-même. J'ai déjà sauté dans l'eau, je cherche à atteindre l'autre rive à la nage, en silence. Comment est-ce que j'avais su son prénom? Je me le demande toujours. Pourquoi est-ce que j'avais éprouvé cet ardent désir de le rejoindre? Le chat doit surement être le seul à le savoir. Il est déjà parti celui-ci d'ailleurs. Il a surement dû aller rejoindre sa famille là-bas, derrière le toit. Qu'est-ce qu'il m'était arrivé ce soir là? La plus belle chose de mon enfance.
Le lendemain, on pouvait lire qu'un homme de vingt-deux ans avait été retrouvé nu dans le canal, tenant dans ses bras une fillette de cinq ans. Ils n'ont vraiment rien compris. La "fillette" c'était cet homme que j'ai voulu rejoindre avec sa robe à fleurs. Le "jeune homme" c'était moi, le petit garçon que sa maman avait laissé seul à la tombée du soir, dans une ville inconnue. Nos deux obsèques seront célèbrés lundi. J'y retournerai un jour.

Enzo.
Ma première fois.

# Posté le vendredi 24 août 2007 08:45

Modifié le vendredi 24 août 2007 09:08

Faits divers.

Ne plus y penser. Il paraitrait qu'il m'est encore possible d'agraver mon cas. Comment? Je dois vous avouer que mon envie du moment n'est pas très racontable. A vrai dire, j'ai dans le but de réaliser le crime parfait. Pour cela, il me faudra expériemnter plusieurs méthodes sur différents cobayes. J'expérimenterai donc la noyade, les escaliers, les billes, l'essence, la corde, ainsi que le poison. Biensur, une fois ma technique sérieusement élaborée, je trouverai la victime idéale, qui sera la seule à mériter cette mort sublime que j'aurais réussi à déterminer. Comme vous pouvez donc en juger, je suis un grand adepte du meurtre ces derniers temps. Je vais commencer à être fasciné. Ne prenez pas peur voyons, tout va bien. Un meurtre sur la conscience, ça ne s'oublie pas comme ça? Tout dépend de la raison, et de la façon. J'aime l'idée de tuer, l'idée d'enlever des vies innocentes. Je pressens déjà plusieurs personnes susceptibles d'être intéressantes pour mon expérience. Il me faudrait donc au minimum six cobayes pour expérimenter, plus la victime idéale qui s'y ajoutera. Hors, je compte tout de même une marge d'erreur, pour les imprévus et autres accidents. Je fais donc un appel aux âmes suicidaires ou autres êtres en perdition. Une petite dizaine me serait tout de même suffisante, rien de plus dramatique. J'aime la vie, surtout quand elle s'enfuit.

Enzo.
Faits divers.

# Posté le vendredi 24 août 2007 09:01

Modifié le vendredi 24 août 2007 12:42

Fais comme tu veux.

Fais comme tu veux.
A mon réveil je vais faire semblant de dormir.
La prochaine fois j'y penserai pour ne pas m'énerver.
Ce matin j'ai cru entendre ton poisson rouge me parler.
A ton retour je te montrerai ce dont je suis désormais capable.
Hier j'ai traversé la route tout seul pour la première fois depuis que.
Et j'y repense constamment. J'ai peur que tu veuilles m'y rejoindre. Demain tu auras quatorze ans. J'en aurais eu autant. Je te manque déjà à ce qu'il parait. Reste où tu es. Je t'interdis strictement d'y penser. Il n'y aura pas de prochaine fois. Toi qui m'ingorait et faisait semblant de me détester. Tu les auras rien qu'à toi cette fois. Ca y'est, tu es enfin seul, pour la première fois depuis quatorze ans.

Et maintenant tu as du mal à gèrer cette position d'enfant unique? Tais-toi, avance. Je pourrais te conesiller de faire attention à toi, mais tu ne m'écouterais pas. D'aileurs, qu'est-ce que j'ai moi à essyer de communiquer avec toi? On avait tout pour bien s'entendre, on était trop identiques. Constamment associés l'un à l'autre. Tu voulais m'oublier. Cette chance tu l'as désormais. Surtout, n'oublie pas de remercier le conducteur. Et félicite-le de ma part également. Trois heures de sieste avant mon vrai réveil, c'est juste ce qu'il me fallait pour que tu t'en rendes compte. Tu es bien soulagé cette fois. Plus besoin de penser à celui qui te ressemble. Il n'est plus, et cela t'arrange bien. Tu le veux vraiment ce foutu vélo?


Enzo.

# Posté le lundi 27 août 2007 13:05

Modifié le lundi 27 août 2007 13:50

Pourquoi?

Pourquoi?
Parce que.

# Posté le mardi 28 août 2007 05:31

Mais tu te fous de nous?

Mais tu te fous de nous?
Ta réponse n'est pas satisfaisante.


# Posté le mardi 28 août 2007 05:32